Le 24 avril 2026, nous avons ouvert une bêta fermée d’Eini à la première vague de ménages suisses souhaitant de l’aide pour gérer leur facture hebdomadaire de courses. Quinze jours plus tard, le 9 mai, nous atteignions 150 ménages utilisant l’application de manière réelle, semaine après semaine.

Cet article est un bilan transparent de ce que nous avons observé durant ces quinze jours. Pas d’arguments marketing, pas de chiffres arrondis — les fourchettes réelles, les profils de ménages, les comportements qui ont porté leurs fruits, et les éléments qui nous ont surpris.

Si vous vivez en Suisse et que votre facture de courses vous semble plus lourde qu’elle ne devrait l’être, cet article est pour vous.

Les chiffres, d’entrée de jeu

150.
Ménages en 15 jours
500+.
Plans de repas générés par semaine
CHF 30–60.
Économies hebdomadaires déclarées
13'266.
Produits de distribution suivis

Le chiffre clé — CHF 30 à 60 d’économies hebdomadaires pour un ménage de 2 à 4 personnes — est une fourchette déclarée par les utilisateurs de la bêta, qui comparent leurs deux premières semaines planifiées avec Eini à leur dépense mensuelle moyenne des courses du mois précédent.

Cela représente environ CHF 130–260 par mois, soit CHF 1'560–3'120 par an pour un ménage. Pour contexte, l’Office fédéral de la statistique établit la dépense alimentaire mensuelle moyenne d’un ménage suisse à environ CHF 636. On parle donc d’une réduction de 20–40% sans manger moins bien — juste en consommant de manière plus intelligente.

D’où viennent réellement les économies

Parmi les 150 ménages, trois comportements ont assuré la quasi-totalité des gains. Ils n’ont pas tous besoin d’être réunis chaque semaine — la plupart des utilisateurs en appliquent au moins deux.

1. Planification anchée sur les promotions (≈45% des économies totales)

C’est le levier le plus puissant. Plutôt que de choisir une recette puis faire ses courses en conséquence, le plan de repas part des promotions de la semaine en cours chez Coop, Migros, Lidl, Aldi, Denner et Aligro — environ 1'800 au total, actualisées chaque matin à 6 h — et construit en amont des recettes qui utilisent ce qui est déjà en promotion.

Exemple concret de la première semaine de la bêta : le blanc de poulet était à −30% chez Coop et les légumes méditerranéens étaient en Aktion chez Migros. Environ 40% des ménages cette semaine-là ont opté pour une variation de poulet et légumes rôtis en plaque, avec les restes transformés le soir suivant en wrap ou bowl de céréales. La même recette, un coût nettement inférieur, parce que la protéine et les légumes étaient en promotion simultanément.

2. Optimisation du panier multi-enseignes (≈30% des économies totales)

La tarification des courses en Suisse est fragmentée pour une raison : chaque enseigne domine une catégorie différente. Lidl et Aldi l’emportent généralement sur les produits de base, les laitages et les articles de garde-manger sous marque propre. Migros et Coop se livrent une concurrence serrée sur les produits frais et les morceaux de qualité. Denner s’impose sur les boissons et les spéciaux hebdomadaires. Aligro brille pour les achats en grandes quantités.

Les utilisateurs de la bêta ayant sélectionné trois enseignes ou plus lors de leur configuration ont économisé environ deux fois plus par semaine que ceux ayant sélectionné une seule enseigne. La combinaison qui ressort le plus souvent était Migros plus un discounteur (Lidl ou Aldi), parfois avec Denner ajouté pour les boissons.

3. Moins de gaspillage grâce à des listes plus précises (≈25% des économies totales)

Ce point est plus difficile à mesurer précisément, mais il est apparu dans presque chaque retour d’expérience. Quand la liste de courses est générée à partir d’un plan plutôt que de l’intuition, les achats impulsifs diminuent — tout comme les concombres ramollis au fond du réfrigérateur jetés le dimanche.

L’Office fédéral de l’environnement (OFEV) estime que le ménage moyen en Suisse jette environ 90 kg de nourriture comestible par personne et par an, soit une valeur estimée à CHF 600 par personne. Même réduire ce chiffre de moitié représente un montant significatif en soi.

Trois profils réels de ménages

Les chiffres agrégés sont utiles pour se situer, mais la variance au sein de ces chiffres raconte l’histoire la plus honnête. Trois profils que nous avons observés régulièrement durant la bêta :

Profil A — Deux actifs, urbain

CHF 38/semaine économisés

Configuration : 2 adultes, tous deux à temps plein, centre de Zurich. Ont sélectionné Migros et Lidl comme leurs deux enseignes. Pas de restrictions alimentaires particulières. Temps disponible pour cuisiner en soirée de semaine : 30 minutes maximum.

Ce qui a changé : Leur habitude de « décider à 18 h » se soldait généralement par deux plats préparés Coop par semaine (CHF 9–12 pièce) plus des produits frais achetés impulsivement qui n’étaient pas utilisés. Le plan a remplacé les plats préparés par deux recettes en cocotte de 25 minutes construites autour de la protéine en promotion chez Migros cette semaine-là, plus des réassorts de garde-manger chez Lidl un samedi sur deux.

Origine de l’économie : Environ la moitié vient de la suppression des plats préparés, l’autre moitié de la fin des achats de produits frais « au cas où ».

Profil B — Famille de quatre, périurbain

CHF 57/semaine économisés

Configuration : 2 adultes et 2 enfants (7 et 11 ans), banlieue de Berne. Quatre enseignes sélectionnées : Coop, Migros, Aldi et Denner. Temps de cuisine variable — grandes sessions le week-end, soirées rapides en semaine. Un dîner végétarien par semaine.

Ce qui a changé : Le changement le plus important était structurel — une grande course le samedi couvrant 80% du plan de la semaine, avec un complément rapide en milieu de semaine dans le magasin le plus proche. Le plan calculait la répartition entre enseignes : viande et garde-manger chez Aldi, produits frais chez Migros, boissons et surgelés chez Denner, petits extras du week-end chez Coop.

Origine de l’économie : Environ 60% provient de l’achat des produits de base et protéines chez l’enseigne la moins chère plutôt que de tout acheter par commodité au même endroit.

Profil C — Personne seule, budget serré

CHF 22/semaine économisés

Configuration : 1 adulte, Genève, travaillant principalement à domicile. A sélectionné uniquement Lidl comme enseigne principale, avec dépannages occasionnels chez Coop. Forte préférence végétarienne, budget alimentaire global déjà bas.

Ce qui a changé : Le plafond d’économies pour les personnes seules déjà économes est génuinement plus bas, car il y a moins de gaspillage à réduire et moins d’achats impulsifs à éliminer. Les gains sont venus des recettes « cuisiner une fois, manger deux fois » adaptées à des portions doubles, et de l’achat de produits frais activement en Aktion cette semaine-là plutôt que par habitude.

Origine de l’économie : Presque exclusivement due à la planification anchée sur les promotions. La contrainte d’une seule enseigne rendait l’optimisation multi-enseignes sans objet.

Ce qui n’a pas fonctionné

Trois éléments nous ont véritablement surpris lors des 15 premiers jours, et il vaut la peine d’être transparent à leur sujet.

Premier point : Les bons de réduction des programmes de fidélité (Cumulus, Supercard, Lidl Plus) ne sont pas encore intégrés. Les utilisateurs ont régulièrement mentionné qu’ils pourraient cumuler encore 10–25% sur les promotions publiques si ces bons personnels étaient intégrés dans le plan. C’est un manque réel, et c’est la fonctionnalité la plus demandée de la bêta. Elle est priorisée pour une future version, mais implique une réflexion sur la confidentialité et l’ingénierie que nous voulons bien mener.

Deuxième point : La correspondance de recettes pour des régimes alimentaires très spécifiques (strictement cétogène, low-FODMAP, sources de protéines halal uniquement) orientait parfois les utilisateurs vers un sous-ensemble plus restreint de promotions, ce qui réduisait le plafond d’économies. Le catalogue est élargi chaque semaine dans les quatre langues, mais si vos contraintes alimentaires sont strictes, les économies se situeront à la limite inférieure de la fourchette jusqu’à ce que la couverture s’améliore.

Troisième point : La granularité au niveau de chaque magasin. Deux Coop dans le même canton peuvent afficher des prix différents pour les produits frais un jour donné. Eini optimise actuellement au niveau cantonal et non au niveau du magasin, ce qui convient bien aux produits non périssables mais laisse un léger potentiel d’économies sur la table pour les produits frais. C’est le prochain niveau de granularité en cours de développement.

Comment commencer, même sans application

Si vous ne retenez qu’une chose de cet article, les trois comportements ci-dessus sont utiles indépendamment, que vous ouvriez Eini un jour ou non.

  1. Commencez par les promotions de la semaine, pas par les recettes. Ouvrez les prospectus des enseignes les plus proches de vous le dimanche soir. Repérez les protéines et les légumes principaux en Aktion. Construisez ensuite deux ou trois repas qui les utilisent.
  2. Choisissez au moins deux enseignes, pas une seule. Même la répartition la plus simple — votre magasin « principal » le plus proche plus un discounteur pour les produits de base — capture généralement l’essentiel des économies multi-enseignes disponibles sans compliquer votre semaine.
  3. Écrivez la liste avant d’entrer dans le magasin. Tout ce qui n’est pas sur la liste repart en rayon. Cette seule règle réduit la facture du ménage moyen de 8–15% à elle seule.

Si une application aide, ce n’est pas parce que ces comportements sont difficiles. C’est parce que les appliquer chaque semaine, dans quatre langues, auprès de six enseignes et avec 1'800 promotions hebdomadaires, représente un vrai investissement en temps. Eini existe pour compresser cette heure de dépouillement de prospectus du dimanche soir en environ 60 secondes.

Essayez-le pour votre prochaine semaine de courses

Eini est en bêta ouverte. iPhone via TestFlight, Android sur demande. Gratuit pendant la bêta, sans frais réels, sans publicité.

Télécharger Gratuit sur l’App Store et Google Play.

La suite

La bêta est ouverte à toute personne résidant en Suisse. La prochaine vague de travaux porte sur trois points : intégrer les bons de fidélité personnels (Cumulus, Supercard, Lidl Plus) pour que les économies s’accumulent sur les promotions publiques ; étendre la granularité au niveau du magasin pour les produits frais ; et ajouter le prochain module de la feuille de route Eini — au-delà des courses, vers les autres domaines où l’argent s’échappe discrètement en Suisse.

Si vous testez la bêta et que quelque chose fonctionne pour votre ménage — ou non — écrivez-nous à info@eini.app. Les chiffres de cet article existent parce que 150 ménages nous ont dit ce qu’ils observaient. Le prochain article de ce type existera grâce aux vôtres.